Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9. Pour les logements chauffés à l’électricité, cette réforme peut faire gagner une, voire deux classes d’étiquette… à condition de réclamer une attestation actualisée. Bonne nouvelle : la procédure est gratuite, entièrement en ligne, et ne nécessite ni nouvelle visite, ni dépense de diagnostiqueur. Mode d’emploi.
Une réforme du DPE qui rebat les cartes pour le chauffage électrique
Officialisée par un arrêté publié au Journal officiel sur la base de l’annonce du Premier ministre en juillet 2025, la nouvelle méthode de calcul du DPE est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Le coefficient d’énergie primaire (CEP) de l’électricité a été abaissé de 2,3 à 1,9, en cohérence avec la valeur européenne actualisée.
Ce changement, en apparence technique, a un impact considérable sur le parc résidentiel. Selon le ministère de l’Économie, environ 850 000 logements vont mécaniquement sortir du statut de passoire énergétique (étiquettes F ou G) sans le moindre travaux. Le gouvernement a aussi annoncé étudier un nouvel abaissement à 1,7, voire à 1, pour rapprocher le DPE de la réalité environnementale de l’électricité française, très largement décarbonée.
Point important rappelé par le service public : la réforme ne peut pas dégrader une étiquette. Aucun logement ne verra son DPE baisser à cause du nouveau coefficient. Soit l’étiquette reste identique, soit elle s’améliore.
Tous les DPE émis depuis le 1er janvier 2026 intègrent déjà la nouvelle méthode
Pour tous les diagnostics délivrés à partir du 1er janvier 2026, le nouveau coefficient est appliqué automatiquement par les logiciels agréés des diagnostiqueurs. Aucune démarche n’est à effectuer : l’étiquette qui figure sur le document final reflète déjà le calcul réformé.
La question se pose en revanche pour tous les propriétaires qui ont déjà un DPE en cours de validité, réalisé entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2025. Faut-il refaire un diagnostic ? La réponse est non, sauf cas particulier. Une procédure gratuite a été mise en place par l’ADEME pour générer une attestation officielle intégrant le nouveau coefficient.
Comment actualiser gratuitement votre DPE via l’Observatoire ADEME
Le service est porté par l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, plateforme officielle qui centralise l’ensemble des diagnostics réalisés en France. La démarche est détaillée sur service-public.fr et peut être réalisée en quelques minutes.
Les étapes à suivre
- Munissez-vous de votre numéro de DPE à 13 chiffres (figurant en haut de la première page du document original).
- Connectez-vous à l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.
- Renseignez le numéro et lancez la procédure de recalcul automatique.
- Téléchargez l’attestation officielle de votre nouvelle étiquette.
L’opération est entièrement gratuite, sans intermédiaire et sans nouvelle visite de diagnostiqueur. Elle prend, en pratique, de trois à cinq minutes.
Quels DPE sont éligibles à cette actualisation ?
Pour bénéficier du recalcul automatique, le DPE initial doit avoir été réalisé après le 1er juillet 2021, date d’entrée en vigueur de la méthode 3CL-DPE actuellement en usage. Les diagnostics plus anciens, encore juridiquement valables jusqu’à leur échéance pour certains, ne sont pas compatibles avec le moteur de calcul de l’Observatoire. Dans ce cas, seule la réalisation d’un nouveau DPE par un diagnostiqueur certifié permet d’obtenir une étiquette à jour.
Autre limite : seuls les logements pour lesquels le changement de coefficient produit un effet voient leur étiquette réellement modifiée. Pour un logement chauffé au gaz, au fioul ou au bois, l’attestation rééditée ressemblera fortement au DPE d’origine. C’est avant tout le chauffage électrique direct, les chauffe-eau électriques et les pompes à chaleur qui en tirent le bénéfice maximal.
Quelle valeur juridique pour cette attestation ?
L’attestation délivrée par l’Observatoire ADEME a la même valeur juridique que le DPE qu’elle actualise. Elle peut être utilisée pour :
- la vente d’un bien immobilier (à joindre à la promesse et à l’acte authentique) ;
- la mise en location, notamment dans le cadre des interdictions progressives de location des passoires thermiques prévues par la loi Climat et résilience ;
- les démarches auprès des banques (calcul du green premium sur certains prêts immobiliers, conditions de prêt à taux préférentiel) ;
- les dossiers d’aides à la rénovation, notamment MaPrimeRénov’, qui s’appuient sur la classe DPE de référence.
La durée de validité initiale du DPE reste celle indiquée sur le document d’origine, sans prolongation liée à l’actualisation.
Ce que ça change pour vous
Propriétaires occupants en chauffage électrique : avant tout projet de rénovation ou de financement, vérifiez votre nouvelle classe en générant l’attestation ADEME. Un gain d’une classe peut suffire à modifier votre stratégie de travaux, voire à sortir du périmètre des futures obligations de rénovation.
Bailleurs : la mise à jour est particulièrement utile pour les logements classés F ou G chauffés à l’électricité, qui peuvent basculer en E et conserver leur capacité de mise en location à court terme. Attention : cela ne dispense pas d’engager une stratégie de rénovation, le calendrier de la loi Climat et résilience continuant à se durcir pour les classes E.
Vendeurs : présenter une attestation actualisée au moment de la mise en vente peut soutenir le prix, surtout pour les biens auparavant pénalisés par leur étiquette. Le diagnostic peut aussi influencer l’audit énergétique réglementaire obligatoire pour les logements classés D, E, F et G en monopropriété.
Acheteurs et locataires : ne vous fiez pas à l’étiquette imprimée si le DPE date d’avant 2026. Demandez l’attestation actualisée au vendeur ou au bailleur, ou générez-la vous-même à partir du numéro figurant sur le document.
Une étape utile, mais qui ne remplace pas un audit
Cette mise à jour gratuite reste un simple recalcul à scénario constant. Elle ne fournit aucune préconisation de travaux nouvelle et n’a pas vocation à remplacer un audit énergétique réglementaire, obligatoire à la vente de certaines passoires thermiques et indispensable pour piloter une rénovation d’ampleur. Pour une stratégie patrimoniale globale, l’attestation ADEME doit être lue comme un point de départ, pas comme une fin en soi.
Mon Écosystème vous accompagne
Bureau d’études spécialisé en performance énergétique et diagnostics immobiliers, Mon Écosystème réalise vos DPE, audits énergétiques réglementaires, PPPT en copropriété et l’ensemble des diagnostics obligatoires (amiante, plomb, électricité, gaz, termites). Nous sommes également agréés Mon Accompagnateur Rénov’ pour vous guider de A à Z dans votre projet de rénovation énergétique.
Vous avez un doute sur la classe actualisée de votre logement, vous préparez une vente, une location ou une rénovation d’ampleur ? Contactez nos experts : nous vous aidons à interpréter votre DPE, à actualiser votre dossier et à bâtir une stratégie de travaux cohérente avec votre budget et vos objectifs.
Sources : Ministère de la Transition écologique, economie.gouv.fr, service-public.gouv.fr, Observatoire DPE-Audit ADEME, Qualitel.