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Audit énergétique entreprise : 2 échéances clés en 2026

30 juin et 11 octobre 2026 : deux échéances majeures redessinent l'audit énergétique réglementaire en entreprise. Cadre, seuils et sanctions.

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Le 30 juin et le 11 octobre 2026 : retenez ces deux dates. La première marque la fin de la période transitoire ouverte par l’arrêté du 10 juillet 2025 pour les prestataires d’audits énergétiques sous l’ancien régime. La seconde fixe l’échéance, issue de la transposition française de la directive européenne sur l’efficacité énergétique, pour toute entreprise dépassant 2,75 GWh de consommation annuelle. Tour d’horizon d’un cadre profondément remanié.

Une refonte issue de la directive européenne 2023/1791

L’audit énergétique réglementaire en entreprise repose désormais sur un trio de textes récents : la directive (UE) 2023/1791 du 13 septembre 2023 sur l’efficacité énergétique, sa transposition par la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 (publiée au Journal officiel le 2 mai 2025), et le décret n° 2025-1382 du 29 décembre 2025, qui modifie les articles R. 233-1 à D. 233-7 du code de l’énergie.

L’objectif européen est ambitieux : réduire la consommation d’énergie finale de l’Union de 1,5 % sur 2026-2027, puis de 1,9 % à partir de 2028. Pour la France, cela représente respectivement 25 et 32 TWh d’économies à mobiliser. L’audit énergétique en entreprise constitue l’un des leviers majeurs de cet effort, en accélérant l’identification puis le déclenchement des actions à plus fort retour sur investissement.

Le seuil bascule : de l’effectif à la consommation réelle

C’est sans doute le changement le plus structurant. Jusqu’ici, l’obligation d’audit reposait sur des critères de taille (effectif, chiffre d’affaires, bilan total). Désormais, le seul critère retenu est la consommation énergétique finale moyenne annuelle, calculée sur les trois dernières années.

Le seuil de déclenchement est fixé à 2,75 GWh par an (soit 10 térajoules). Concrètement :

Le résultat : un élargissement notable du périmètre. Des PME industrielles, hôtels, foncières tertiaires, data centers ou exploitations agricoles intensives jusqu’ici sous le radar entrent dans le champ de l’obligation.

11 octobre 2026 : la date à inscrire à l’agenda

Les entreprises atteignant le nouveau seuil doivent finaliser leur audit conforme avant le 11 octobre 2026. Cette date résulte directement du calendrier fixé par l’article 11 de la directive européenne. Elle tombe un dimanche : dans la pratique, la remise des livrables se prépare donc au plus tard sur les premiers jours de la semaine du 5 octobre 2026.

Les éléments transmissibles à l’administration et la procédure de dépôt sont précisés par l’arrêté ministériel dédié, qui détaille notamment le contenu attendu du rapport, les périmètres couverts (sites, flottes, usages), et les indicateurs de performance énergétique à renseigner.

L’arrêté du 10 juillet 2025 : nouveau cadre pour les auditeurs

Côté prestataires, l’arrêté du 10 juillet 2025, entré en vigueur le 14 juillet 2025, a remplacé l’arrêté de référence du 24 novembre 2014. Il redéfinit :

Une période transitoire jusqu’au 30 juin 2026 a été prévue : les prestataires certifiés sous l’ancien régime peuvent poursuivre leurs missions pendant ce délai. Au-delà, seules les organisations à jour des nouvelles exigences pourront produire un audit recevable au sens réglementaire.

Conséquence concrète pour les commanditaires

Pour les directions générales et responsables énergie, deux vigilances s’imposent : vérifier que le prestataire choisi sera bien conforme au cadre du 10 juillet 2025 au moment de la remise du rapport, et anticiper la planification. La demande de prestations conformes va mécaniquement augmenter au second semestre 2026, avec un risque de saturation des cabinets reconnus.

Des sanctions dissuasives

Le défaut d’audit ou la non-transmission des informations expose l’entreprise à une amende administrative pouvant atteindre 2 % du chiffre d’affaires hors taxes du dernier exercice clos. Pour les groupes pluri-sites ou les entreprises à fort chiffre d’affaires, le montant peut donc rapidement devenir significatif.

Au-delà du risque financier, l’audit conditionne l’accès à plusieurs dispositifs d’aide à la rénovation énergétique, dont certaines fiches CEE et la valorisation des actions au titre du dispositif éco-énergie tertiaire pour les bâtiments concernés.

Ce que ça change pour vous

Si vous dirigez ou gérez une entreprise consommatrice d’énergie (industrie, logistique, grande distribution, hôtellerie, foncière tertiaire, agriculture intensive), trois actions sont à engager rapidement :

Pour les copropriétés et propriétaires de bâtiments résidentiels, ce dispositif ne s’applique pas directement. Mais il alimente la dynamique générale de l’audit énergétique : les standards méthodologiques (qualité des données, exigence sur les scénarios de travaux, chiffrage des temps de retour) tendent à se rapprocher entre tertiaire, industrie et résidentiel — y compris pour les audits réglementaires de copropriété et les PPPT.

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