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DPE confort d’été : le gouvernement annonce une nouvelle lettre

Le 15 juillet 2026, le gouvernement a annoncé un « DPE confort d'été » : une nouvelle lettre informant sur la tenue des logements face à la chaleur estivale.

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Interpellé à l’Assemblée nationale le 15 juillet 2026 après trois vagues de chaleur en un été, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun a annoncé la création d’un « DPE confort d’été ». Ce diagnostic renforcé, attendu « d’ici quelques mois », doit enfin informer acquéreurs et locataires sur le comportement d’un logement face aux fortes chaleurs. Décryptage de cette réforme et de ce qu’elle changera pour les propriétaires.

Un DPE encore centré sur l’hiver

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) a été conçu pour mesurer la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement, en s’appuyant très largement sur les besoins de chauffage. Autrement dit, il reste, selon les mots mêmes du député Daniel Labaronne, « centré sur les performances hivernales ». Or, avec la multiplication des épisodes caniculaires, cette approche ne suffit plus à décrire la réalité vécue par les occupants.

Un indicateur de confort d’été existe pourtant dans le DPE depuis sa refonte de 2021. Il combine cinq critères (inertie du bâti, protection des baies vitrées, présence de brasseurs d’air, etc.) et se présente sous la forme d’un pictogramme à trois niveaux. Jugé sommaire et imprécis, il est aujourd’hui largement considéré comme obsolète face à l’ampleur du réchauffement climatique.

Une annonce née d’un été sous tension

La France a connu trois vagues de chaleur sur la seule période juin-juillet 2026, ce qui a poussé l’État à s’emparer plus concrètement du sujet du confort d’été. C’est dans ce contexte que, lors de la séance de questions au gouvernement du mercredi 15 juillet 2026, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun a répondu au député d’Indre-et-Loire Daniel Labaronne, engagé sur la structuration de la filière du diagnostic immobilier.

« Nous devons prévoir une nouvelle indication, une nouvelle lettre, pour le confort d’été. Nous y travaillons actuellement, en vue de présenter, d’ici quelques mois, un DPE confort d’été informant nos concitoyens des performances du logement l’hiver comme l’été », a déclaré le ministre. Concrètement, l’idée serait d’ajouter au diagnostic une seconde étiquette, distincte de l’actuelle classe énergétique de A à G, dédiée à la tenue du logement en période de chaleur.

Un chantier déjà engagé de longue date

L’idée n’est pas nouvelle. Le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3) prévoyait déjà de faire évoluer l’indicateur de confort d’été du DPE, notamment en intégrant mieux la localisation géographique du bâtiment. Au printemps 2025, la précédente ministre du Logement Valérie Létard avait elle aussi annoncé des travaux en ce sens.

Les briques techniques existent également. Le Cerema a mené le projet RITE, destiné à mieux caractériser et mesurer l’inconfort thermique dans les bâtiments. L’objectif affiché est double : disposer d’une information plus juste sur le comportement estival du logement, et, à terme, lui offrir la même visibilité que la performance énergétique — jusque dans les annonces immobilières, une piste inscrite noir sur blanc dans le PNACC 3.

Un enjeu massif pour le parc de logements

L’ampleur du problème justifie la mobilisation. Selon une étude de Pouget Consultants et du syndicat Ignes, neuf logements sur dix ne seraient pas adaptés aux fortes chaleurs à venir. Fait notable, cela concerne autant le bâti ancien que des constructions récentes, sorties de terre il y a seulement quelques années.

Ce risque devient par ailleurs un vrai critère d’achat. D’après un sondage Ipsos, plus d’un Français sur deux (57 %) considère désormais la vulnérabilité d’un logement face à la chaleur comme un élément important dans le choix d’une future résidence. Le confort d’été s’impose donc progressivement comme une composante à part entière de la valeur d’un bien.

Une réforme parmi d’autres évolutions du DPE

Ce « DPE confort d’été » s’inscrit dans une année 2026 déjà riche en changements pour le diagnostic. Depuis le 1er janvier, une nouvelle méthode de calcul a abaissé le coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9, faisant sortir des centaines de milliers de logements du statut de passoire thermique sans travaux. Un projet d’arrêté soumis à consultation publique en juillet 2026 prévoit d’abaisser encore ce coefficient d’énergie primaire à 1,7 dès 2027, une perspective qui suscite des débats au sein de la filière quant à la stabilité de l’outil.

Ce que ça change pour vous

  • Propriétaires vendeurs et bailleurs : à ce stade, aucune obligation nouvelle. Le DPE actuel reste valable ; le futur indicateur confort d’été n’est encore qu’au stade de l’annonce, sans texte réglementaire publié ni calendrier ferme.
  • Anticiper la valeur verte… et « fraîche » : volets et protections solaires, isolation de la toiture, inertie, ventilation nocturne ou brasseurs d’air amélioreront à la fois le confort réel et, demain, la future étiquette.
  • Acquéreurs : le comportement estival d’un logement devient un critère de choix à part entière, y compris pour du neuf récent.
  • Copropriétés : les réflexions sur le confort d’été rejoignent celles menées dans le cadre du Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT), qui peut intégrer ces enjeux d’adaptation au climat.

Un calendrier encore incertain

Le ministre évoque une échéance « de quelques semaines, quelques mois ». À ce jour, la forme exacte que prendra ce DPE confort d’été — nouvelle lettre, indice chiffré, méthode de calcul, prise en compte de la localisation — n’est pas arrêtée, et aucun arrêté n’a été publié. Les propriétaires ont donc tout intérêt à suivre les prochaines consultations réglementaires, tout en gardant en tête qu’aucune démarche n’est nécessaire dans l’immédiat.

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Sources : Batiactu, Infodiag, Quotidiag, PNACC 3 (ministère de la Transition écologique).

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