Dans un rapport publié le 21 mai 2026, la Cour des comptes salue les premiers résultats de Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR), dispositif obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 pour bénéficier de MaPrimeRénov’ Parcours accompagné. Mais les magistrats financiers pointent des fragilités sérieuses : procédures d’agrément simplifiées, exposition à la fraude, tensions budgétaires sur les certificats d’économies d’énergie. Décryptage d’un audit qui appelle à muscler les contrôles sans freiner la dynamique de la rénovation d’ampleur.
Un dispositif central de la rénovation énergétique passé au crible
Géré par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), le dispositif Mon Accompagnateur Rénov’ est devenu obligatoire le 1ᵉʳ janvier 2024 pour tout ménage souhaitant bénéficier de l’aide MaPrimeRénov’ Parcours accompagné, qui finance les rénovations d’ampleur multi-gestes. Concrètement, l’accompagnateur agréé sécurise le projet du propriétaire à toutes ses étapes : audit énergétique, scénarios de travaux, montage du dossier de subvention, choix des entreprises, suivi de chantier, vérification de la qualité des prestations et atteinte des sauts de classes énergétiques exigés.
Deux ans après sa généralisation, la Cour des comptes a remis ses conclusions sur la mise en œuvre du dispositif. Le rapport, publié le 21 mai 2026 et largement repris par la presse professionnelle, dresse un constat nuancé : le MAR a globalement rempli ses objectifs initiaux, mais sa mise en œuvre laisse à désirer sur plusieurs plans.
Une montée en charge plus rapide que prévue
Premier enseignement du rapport : le succès du dispositif a très largement dépassé les anticipations des pouvoirs publics. Au 30 juin 2025, pas moins de 147 383 dossiers avaient déjà été déposés auprès d’un Accompagnateur Rénov’ agréé, selon les chiffres communiqués par la Cour. Une dynamique qui témoigne de l’appétence des ménages pour la rénovation globale mais qui a mis sous tension l’ensemble de la filière.
Le financement, en partie assuré par les certificats d’économies d’énergie (CEE) à hauteur de 226 millions d’euros sur trois ans, s’est ainsi épuisé bien plus vite que prévu. Conséquence : en 2025, le guichet a dû être suspendu temporairement avant d’être rouvert sous des conditions plus restrictives, le temps de rétablir une trajectoire financière soutenable. Une interruption qui a déstabilisé les ménages engagés dans un projet et les professionnels de l’accompagnement.
Des procédures d’agrément jugées trop souples
Pour absorber la demande, les modalités d’agrément des accompagnateurs ont été simplifiées dès le démarrage du dispositif. Or, comme le souligne le rapport, le secteur de la rénovation énergétique est particulièrement exposé aux risques de fraude, ainsi qu’aux pratiques commerciales abusives (démarchage agressif, sociétés éphémères, sous-traitance opaque).
La Cour des comptes formule plusieurs recommandations pour renforcer le filtre à l’entrée de la profession :
- Associer systématiquement les services de la répression des fraudes (DGCCRF) à la procédure d’agrément des Accompagnateurs Rénov’, afin de croiser les bases de données et d’écarter les opérateurs déjà signalés.
- Rétablir la consultation des comités régionaux de l’habitat (CRH), aujourd’hui contournée dans certains cas pour gagner du temps, alors qu’ils apportent une connaissance fine du tissu local.
- Externaliser les contrôles sur place auprès d’organismes tiers indépendants, afin d’augmenter le volume des vérifications opérées et de diversifier les regards.
Fraude : pas d’abus massif, mais des signaux d’alerte
Sur le terrain de la fraude proprement dite, le rapport se veut prudent. Les contrôles effectués jusqu’à présent n’ont pas mis en évidence d’abus massifs au sein du réseau Mon Accompagnateur Rénov’. Des irrégularités ponctuelles ont toutefois été identifiées, principalement liées à un défaut d’indépendance de certains accompagnateurs vis-à-vis des entreprises de travaux : recommandations orientées, conflits d’intérêts non déclarés, montages avec des sociétés liées.
La Cour appelle néanmoins à la vigilance, compte tenu du nombre encore limité de contrôles réalisés au regard du volume de dossiers traités. Elle invite à renforcer significativement les vérifications dans les mois qui viennent, sans attendre que des scandales surviennent. Une recommandation qui s’inscrit dans un climat plus général de durcissement de la lutte contre la fraude aux aides à la rénovation, l’Anah ayant déjà annoncé avoir déjoué 174 millions d’euros de tentatives de fraude en 2025.
Ce que ça change pour vous
Que vous soyez propriétaire occupant ou bailleur engagé dans un projet de rénovation d’ampleur, les conclusions de la Cour des comptes ont des implications concrètes :
- Vérifiez l’agrément de votre Accompagnateur Rénov’ sur l’annuaire officiel France Rénov’ avant de signer une lettre de mission. Un agrément en règle est la première garantie d’un accompagnement sérieux.
- Exigez la transparence sur les liens d’intérêts : votre accompagnateur doit pouvoir attester qu’il n’a aucun lien capitalistique ou commercial avec les entreprises de travaux qu’il propose. La charte de déontologie le précise.
- Anticipez les délais : avec un guichet sous tension et des contrôles renforcés à venir, l’instruction des dossiers peut s’allonger. Mieux vaut démarrer son audit énergétique en amont plutôt que de découvrir les délais une fois le devis de travaux signé.
- Méfiez-vous du démarchage non sollicité : les Accompagnateurs Rénov’ sérieux ne pratiquent ni le porte-à-porte ni le démarchage téléphonique agressif. Toute pression à signer dans la précipitation doit alerter.
Un dispositif appelé à se professionnaliser
Au-delà des recommandations techniques, le rapport de la Cour des comptes intervient à un moment charnière. La filière du diagnostic et de l’accompagnement énergétique vient de tenir ses premières Assises du diagnostic immobilier le 21 mai 2026, où le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a annoncé une charte d’engagement déontologique en construction. Les recommandations de vigilance formulées par les magistrats financiers trouveront ainsi un écho direct dans les travaux en cours sur la structuration des professions de la rénovation.
Côté Anah, l’agence devrait publier d’ici la fin de l’année une feuille de route détaillant les évolutions du dispositif MAR : renforcement des contrôles a priori et a posteriori, refonte du référentiel de formation, durcissement des sanctions en cas de manquement. L’objectif affiché reste de consolider la confiance des ménages dans un dispositif appelé à monter encore en puissance avec le déploiement de la prochaine génération de MaPrimeRénov’.
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Nos accompagnateurs agréés vous garantissent un suivi conforme aux exigences les plus récentes : audit énergétique réglementaire, scénarios de travaux chiffrés, montage du dossier MaPrimeRénov’ Parcours accompagné, choix d’entreprises qualifiées et contrôle de la bonne exécution. Pour engager sereinement votre projet de rénovation d’ampleur, contactez nos équipes.
Sources : Zepros Négoce – « La Cour des comptes soulève les failles du dispositif MonAccompagnateur Rénov’ », 27 mai 2026 ; Batiactu – « MonAccompagnateurRénov’ : la Cour des comptes préconise une vigilance renforcée », 22 mai 2026 ; Cour des comptes – Rapport public annuel 2026.