Depuis le 1er janvier 2026, toutes les copropriétés à usage principal d’habitation sont tenues de disposer d’un Diagnostic de Performance Énergétique collectif (DPE collectif), y compris les petites copropriétés de 50 lots ou moins. Combinée à la réforme du mode de calcul du DPE entrée en vigueur à la même date, cette échéance bouleverse l’agenda des syndics et oblige les conseils syndicaux à revoir leur stratégie de rénovation.
Une obligation qui couvre désormais l’intégralité du parc collectif
Issu de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, le calendrier de généralisation du DPE collectif s’est déployé par paliers : il s’est d’abord imposé aux copropriétés de plus de 200 lots au 1er janvier 2024, puis à celles comprises entre 50 et 200 lots au 1er janvier 2025. Depuis le 1er janvier 2026, ce sont les copropriétés de 50 lots ou moins qui sont à leur tour concernées, comme le rappelle la fiche officielle de service-public.gouv.fr.
Concrètement, sont visés tous les bâtiments ou parties de bâtiments à usage principal d’habitation dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Le DPE collectif doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié indépendant et présenté lors de l’assemblée générale suivant son établissement. Sa durée de validité est de 10 ans, sauf si un nouveau DPE plus favorable est réalisé entre-temps.
Un changement de méthode qui rebat les cartes
Au même moment, le mode de calcul du DPE a évolué. Comme l’a annoncé le ministère de la Transition écologique dans un communiqué officiel, le coefficient de conversion de l’énergie finale en énergie primaire appliqué à l’électricité a été abaissé de 2,3 à 1,9. Cet ajustement, acté par arrêté publié au Journal officiel du 26 août 2025, vise à mieux refléter la décarbonation du mix électrique français.
L’impact n’est pas anecdotique. Selon les chiffres communiqués par les pouvoirs publics et relayés par economie.gouv.fr, environ 850 000 logements chauffés à l’électricité devraient gagner une à deux classes énergétiques et sortir, pour beaucoup, du statut de passoire thermique. Le gouvernement a par ailleurs garanti qu’aucun logement ne verrait son étiquette se dégrader du fait de la réforme.
Faut-il refaire son DPE ?
Les DPE réalisés avant le 1er janvier 2026 restent valables pendant 10 ans. Une mise à jour gratuite, sans nouvelle visite, est possible sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME : le diagnostiqueur recharge le fichier et le nouvel étiquetage est calculé automatiquement avec le coefficient révisé. Cette option est particulièrement intéressante pour les logements proches d’un seuil de classe (E vers D, F vers E…) ou destinés à la location.
Le DPE collectif, point de départ d’une trajectoire de rénovation
Le DPE collectif n’est pas un simple document réglementaire : il constitue la pierre angulaire du Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT), lui-même obligatoire pour les copropriétés de plus de 15 ans. Il fournit la photographie énergétique globale du bâtiment (consommation, émissions de gaz à effet de serre, recommandations d’amélioration) sur laquelle se construisent ensuite l’audit énergétique, le PPPT et les décisions d’assemblée générale.
À ne pas confondre, donc, avec l’audit énergétique de copropriété qui, lui, n’est pas obligatoire en tant que tel mais devient incontournable pour accéder aux dispositifs d’aide les plus puissants, à commencer par MaPrimeRénov’ Copropriété gérée par l’Anah. Depuis le 1er juillet 2025, l’arrêté du 27 mars 2025 a d’ailleurs harmonisé la méthode de calcul de ces audits sur la méthode 3CL-DPE, garantissant une meilleure comparabilité entre les deux exercices.
Ce que cela change pour vous
Pour les copropriétaires et les conseils syndicaux, cette échéance impose une feuille de route claire :
- Inscrire le DPE collectif à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale s’il n’a pas encore été voté, y compris dans les petites copropriétés longtemps épargnées ;
- Choisir un diagnostiqueur certifié disposant d’une mention spécifique « tous types de bâtiments » pour les logements collectifs ;
- Anticiper le coût, qui dépend du nombre de lots, de la typologie du bâti et de l’accessibilité des logements témoins ;
- Coordonner DPE collectif et PPPT afin d’éviter les doublons d’intervention et d’optimiser les missions du bureau d’études ;
- Vérifier l’impact du nouveau coefficient électricité sur les DPE individuels des copropriétaires, en particulier dans les immeubles tout-électrique des années 1970-1990.
Pour les bailleurs, le contexte est d’autant plus sensible que l’interdiction de location des logements classés G est entrée en vigueur le 1er janvier 2025, et que celle visant les logements F est programmée pour le 1er janvier 2028. Un DPE collectif réalisé avec la nouvelle méthode peut donc, dans certains immeubles, lever des risques locatifs sans engager le moindre travaux.
Le rôle pivot du bureau d’études
L’empilement DPE collectif / audit énergétique / PPPT impose désormais une approche intégrée. Les copropriétés qui font appel à un même bureau d’études pour l’ensemble de ces missions réduisent significativement les coûts, gagnent en cohérence méthodologique et sécurisent le passage du diagnostic au programme de travaux. C’est aussi un gage de qualité vis-à-vis de l’Anah lorsque la copropriété prétend à MaPrimeRénov’ Copropriété.
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Bureau d’études indépendant spécialisé dans la performance énergétique des bâtiments, Mon Écosystème réalise pour les syndics, les conseils syndicaux et les copropriétaires : DPE collectif, audit énergétique réglementaire, Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT) et accompagnement Mon Accompagnateur Rénov’ pour les dossiers MaPrimeRénov’ Copropriété. Nos équipes intègrent les nouveaux coefficients de calcul et vous proposent une approche globale, du diagnostic à la livraison des travaux.
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Sources : Ministère de la Transition écologique, service-public.gouv.fr, economie.gouv.fr, ADEME — Observatoire DPE-Audit. Article édité le 19 mai 2026.