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FFB-Anah : les chiffres clés du marché de la rénovation 2026

Entre prévisions prudentes de la FFB (+1,8 % pour le bâtiment) et ambitions de l'Anah (350 000 logements aidés), le marché 2026 de la rénovation se dessine.

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Le bâtiment français aborde 2026 dans un climat ambivalent. La Fédération française du bâtiment (FFB) anticipe un léger rebond global de +1,8 % en volume, mais la rénovation énergétique demeurerait orientée à la baisse (-1,3 %). En parallèle, l’Anah déploie un budget renforcé de 4,6 milliards d’euros pour soutenir 350 000 logements. Décryptage des chiffres clés du secteur en ce printemps 2026.

Un marché du bâtiment qui peine à redécoller

Après quatre années consécutives de croissance, l’activité du secteur du bâtiment a marqué le pas en 2025, avec un recul estimé à -4 % en volume. Selon la FFB, le segment de l’entretien-amélioration s’est replié de 1,1 %, tout particulièrement pénalisé par la rénovation énergétique du logement (-1,3 %). En cause : les blocages administratifs autour de MaPrimeRénov’ au printemps 2025 et les révisions du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).

Les prévisions 2026 laissent entrevoir un rebond modeste, porté principalement par le redressement transitoire du logement neuf. Les ouvertures de chantier de logements ont en effet progressé de 8,4 % en 2025 pour atteindre 283 000 unités. Mais la rénovation énergétique resterait à la peine, avec un nouveau recul attendu de 1,3 % d’après le scénario optimiste de la fédération.

L’Anah déploie un budget historique

Face à cette conjoncture difficile, l’Agence nationale de l’habitat affiche des ambitions renouvelées. Son budget 2026 s’élève à 4,6 milliards d’euros, dont 4,4 milliards sont directement orientés vers les ménages. Sur cette enveloppe, 3,4 milliards sont consacrés à MaPrimeRénov’, tandis que 300 millions viennent renforcer le Plan Initiative Copropriétés à destination des copropriétés fragiles.

Trois grands objectifs structurent cette feuille de route, présentée par l’Anah :

Au total, 350 000 logements pourraient bénéficier d’une aide en 2026. La réouverture intégrale du guichet est intervenue le 23 février 2026, après la promulgation de la loi de finances. L’Agence souligne par ailleurs un effort sans précédent en matière de lutte contre la fraude, avec un renforcement des contrôles et de la vérification des dossiers en amont du paiement.

Les CEE entrent dans une nouvelle ère

L’autre grand levier de financement, le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie, entre dans sa sixième période depuis le 1er janvier 2026. L’enveloppe financière globale a été portée de 6 à 8 milliards d’euros, soit une progression de 27 % par rapport à la période précédente. L’obligation théorique totale atteint désormais 5 250 TWhc sur cinq ans (2026-2030).

Pour les ménages, ces CEE financent des opérations courantes (isolation, chauffage performant, ventilation) en complément ou en alternative à MaPrimeRénov’. Ils sont également mobilisables par les syndicats de copropriétaires dans le cadre des programmes de travaux validés en assemblée générale. La sous-traitance en cascade a par ailleurs été strictement limitée à deux niveaux, dans une logique de fiabilisation du dispositif.

Une rénovation énergétique structurellement porteuse

Au-delà de la conjoncture, la trajectoire de fond reste résolument haussière. La rénovation représente désormais plus de la moitié du marché de la construction française. Le segment spécifique de la rénovation énergétique, qui pèse environ 23,8 % du chiffre d’affaires de l’entretien-rénovation, devrait afficher une croissance moyenne de 6,1 % par an entre 2025 et 2030, portée par la combinaison des objectifs climatiques nationaux, du calendrier d’interdiction de location des passoires énergétiques et du déploiement des Plans Pluriannuels de Travaux en copropriété.

Autrement dit, le creux observé en 2025-2026 sur la partie résidentielle s’inscrit dans une dynamique de plus long terme nettement orientée à la hausse. Pour les acteurs du secteur, l’enjeu est de tenir le cap pendant la période de transition.

Ce que ça change pour vous

Propriétaires en maison individuelle : La fenêtre 2026 est particulièrement favorable pour engager une rénovation d’ampleur, avec un cumul possible MaPrimeRénov’ + CEE et un accompagnement renforcé via Mon Accompagnateur Renov’. Anticiper la demande dès le premier semestre permet d’éviter les engorgements de fin d’année.

Syndics et conseils syndicaux : L’enveloppe Initiative Copropriétés et MaPrimeRénov’ Copropriété restent ouvertes. La réalisation préalable d’un DPE collectif et d’un Plan Pluriannuel de Travaux conditionne toutefois l’éligibilité aux aides les plus structurantes.

Vendeurs et bailleurs : Avec l’obligation d’audit énergétique réglementaire pour les classes E, F et G, la qualité du diagnostic devient un facteur déterminant pour la mise sur le marché. Mieux vaut faire réaliser ces diagnostics par un professionnel certifié et indépendant.

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Sources : FFB – Bilan 2025 et prévisions 2026, Anah – Orientations 2026, Batiweb – Feuille de route Anah 2026.

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